La fresque sainte

Une amie m’a commandé une peinture murale et m’a donné carte blanche. Je sais qu’elle est fantaisiste, originale et dotée d’une grande culture en histoire de l’art. Je me suis sentie confiante dans mon « délire créatif ». Elle venait d’avoir un enfant. On rigolait à l’appeler le divin enfant ou l’enfant Jésus. J’ai toute suite pensé à faire une fresque religieuse complètement décalée.

Description de l’image

Un grand chat en figure centrale en guise de Saint, muni d’un verre de vin et d’une Bible, posée à ses pieds. Il porte des lunettes, c’est un érudit. À côté de lui repose le nouveau né dans son berceau, veillé par un bélier. 

La lyre, la grappe de raisin et le pot du palmier sont un clin d’oeil à mon voyage en Grèce (j’étais à Thessalonique lors de la création du dessin). Ces icônes grecques me permettent d’accentuer l’idée du mythe ancien, du sacré. Le pain du Christ est bien sûr aussi présent ainsi que la colombe qui vient former le chiffre symbolique 3 en s’ajoutant aux autres animaux. 

Deux plantes : un palmier qui nous donne une indication géographique et un bananier qui vient apporter ses fruits. Elles sortent du cadre, ce déploient sans barrières, de manière libre. C’est une ouverture vers le ciel. L’Enfant à peine né, se retrouve dans la nature, encerclé d’animaux protecteurs, d’art (musique et poterie), de nourriture et de breuvage. Il est né au bon endroit.

Un an plus tard me voici en train de réalisé cette fresque sur le mur du jardin de mon amie, à Rouen. La première journée de travail ne fût pas une mince affaire. Décider quelle taille fera la fresque, son emplacement exact, essayer de la visualiser puis de calculer l’échelle du dessin à reproduire. Et oui pas de rétroprojecteur ! J’ai commencé par tracer l’auréole du chat puis sa tête. Le diamètre du tabouret sur lequel j’étais assise était exactement à la bonne taille ! J’ai pu donc tracer un cercle parfait. Une fois quelques points de repères placés, j’ai tracé le dessin à l’œil, ce qui a bien fonctionné. Ne jamais oublier qu’il faut prendre du plaisir dans ce que l’on entreprend et avoir confiance en soi ! Hors de question de faire un quadrillage pour retrouver avec précision l’illustration faite sur papier. La couleur de la peinture ne fût pas celle souhaitée. Effectivement celle indiquée sur le pot paraissait être « terracotta » alors qu’une fois ouvert : du pourpre. tant pis, c’est comme ça ! Bon on a quand même mis un peu de jaune dedans pour se rapprocher de ce qu’on voulait. Le mur pas du tout lisse, effet brique même met les choses au clair : la perfection n’a pas à être au RDV. C’est donc avec légèreté et bonne humeur que commence le « remplissage » à la peinture, au pinceau fin.

Quel plaisir que de prendre la première pause, admirer ce début d’œuvre, de se dire « c’est bon ! » et d’être confiante pour la suite. Car quand le mur est encore blanc : « et si je n’y arrive pas ? ». Du moins en temps et en heure. Ce n’est pas ma ville, il faut donc compter le déplacement, profiter qu’il ne pleuve pas (ah la Normandie…) et qu’il fasse jour. Il faut prendre le temps nécessaire; quand on stresse, on se presse et on rate. Alors, du calme ! 

Quelques photos de détails et de l’évolution de la peinture, achevée le 25 septembre 2021 :

Le lieu

Cette illustration semble idéale dans le jardin, lieu où le chat s’y promène, les oiseaux volent et où parfois même un petit hérisson vient trouver refuge. Un petit potager va se mettre en place également. Ce sera un dialogue entre le jardin et la fresque, voir un miroir fantaisiste. La couleur rouge de la peinture est en contraste avec le vert des plantes, ce qui capte l’attention, tout en étant en harmonie. 

Religion

Je ne suis pas religieuse ni lectrice de livres saints mais lors de tous mes voyages, les lieux de cultes m’attirent. De vrais musées où il n’y a jamais personne. Vitraux, peinture au plafond, architecture époustouflante, sculpture, tableaux… je suis toujours émue par tant de beauté, rehaussée par les jeux de lumière, et parfois, une odeur d’encens. J’adore m’attarder à regarder les jeux de compositions des peintures. Tout est pensé de manière à raconter une histoire en une image, comme j’aime le faire. La dernière église qui m’a marquée est Ágios Pandeleímonas, à Athènes, dans le quartier du même nom.

Et vous, est-ce que qu’un lieu de culte vous à particulièrement ému / bluffé ? 

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